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羽宁
楼主
Il n'est pas interdit de penser que, sil'Angleterre n'a pas été envahie depuis 1066, c'est que les étrangers redoutentd'avoir à y passer un dimanche. Mais il est permis-si l'on compare le dimancheanglais qui vous contraint à l'ennui au dimanche français qui vous oblige àl'amusement-de se demander quel est celui des deux qui est, en définitive, leplus dur à passer. Beaucoup de Français s'interrogent toute la semaine sur cequ'ils feront le dimanche. Très souvent le dimanche arrive sans qu'ils aientrépondu à la question. <<Que voulez-vous? Le dimanche, on ne sait pasquoi faire.>> C'est là un genre d'hésitation dont on ne souffrirait pasen Angleterre, où il n'y a guère autre chose à faire le dimanche que de penserà ce que l'on fera dans la semaine. La France et l'Angleterre ont l'une commel'autre deux visages: celui de la semaine et celui du dimanche. Le dimanche, leFrançais soigne sa mise, L'Anglais le néglige: tandis que son voisin s'habille,lui a plutôt tendance à se déshabiller. Ce jour-là les Français se rasent deprès. Les Anglais... non... il n'y a pas deux façons de se raser pour unAnglais, quoiqu'il ait, après tout, une manière bien à lui de se raser ledimanche.