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interview
Populaire. Fraîche, éclatante, en bonne santé: l’image de Sophie Marceau traverse le temps. Simple, antistar, dit-on aussi. On a l'impression de la connaître deuis toujours, du moins depuis ses 13 ans. Pourtant, face à face, c'est une femme plus opaque. Distante d'abord. D'un bon sens sain,mais surtout d'une mélancolie et d'une complexité insoupçonnées, notamment dans son rapport avec les autres. Le 6 février, elle sera dans le film de Jean-Paul Lilienfeld, «Arrêtez-moi», sélectionné au Festival international du film de Berlin: l'histoire d'une femme battue qui vient avouer à une lieutenante, une nuit,le meurtre de son mari, sanguinaire et violent, dix ans après les faits. Pour l'occasion, confidences d'une femme qui, en un sourire, se change en petite fille.
Marie Claire: Quand vous rentrez d'une journée de tournage sur un film dur,comme celui-ci, dans quel état êtes-vous?
Sophie Marceau: Fatiguée, hébétée, vidée. C'est comme avoir vécu un gros chagrin. Je participe de loin aux choses de la vie. Ça se termine par un dîner devant la télé, tout bête.
Avez-vous déjà été, comme dans le film, sous l'emprise d'un homme?
Je pense qu'on choisit ses influences, mais il y a toujours une aire de surprise où on peut encaisser davantage que ce qu'on n'aurait jamais imaginé.
Avez-vous déjà eu peur d'un homme ?
Oui, parce qu'ils sont plus forts physiquement. S'ils veulent faire du mal à une femme, c'est facile. Une baffe, un coup suffisent pour tuer.
Même amochée, pas maquillée, vous êtes très belle. Quand avez-vous pris conscience de votre beauté?
Chez moi, il ne fallait pas être trop fille. Etre coquette ne se faisait pas. Ce qu'on obtenait dans la vie, on l'obtenait par son travail et pas par ce que la nature vous a donné. Je suis pudique, pas très à l'aise dans mon corps. Je me sens belle si je me sens bien dans mes vêtements.
Quel âge ont vos enfants ?
17 et 10 ans.
Votre fille, I’avez-vous élevée en tant que fille?
Oui, mais au résultat, elle est très garçon, très Tomboy. Mais je l'ai autorisée à être fille. J'ai dit à maman: « Maintenant, ça suffit, la damnation des filles dans cette famille. ›› Pour mon second enfant, ma mère m'a lancé: « Si c'est un garçon, ça ne me dérangera pas du tout. ›› Je lui ai dit: « Non, ce sera une fille, et on va l'êlever comme telle, avec des robes, des poupées, cles colliers. ›› Juliette était petite, et un jour, elle a eu très froid en sortant de l'eau, maman l'a prise contre elle, et ma fille s'est endormie sur son ventre. « Ça été un intense moment de jouvence ›› , m'a-t-elle confié. Je pense qu'elle s'est réconciliée avec quelque chose cle son enfance à ce moment-là.
2013年01月16日 20点01分
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